1000 chantiers pour relancer l'économie !
Renforcement et amélioration du réseau routier national (115 millions d'euros), sécurisation de ce même réseau routier (85 millions d'euros), pérennisation et sécurisation du réseau ferroviaire (89 millions d'euros), accélération des projets de LGV Est-européenne (35 millions), LGV Bretagne-Pays-de-la-Loire (15 millions) et LGV Sud Europe Atlantique (15 millions), modernisation du réseau fluvial ou d'entretien des ports - la lecture du programme impressionne.
Selon le Premier Ministre, les projets recensés correspondent à des opérations déjà programmées ce qui garantit leur intérêt au-delà de l'opportunité. "Les investissements que nous avions prévus de faire en 5 ou 10 ans, nous allons les réaliser en 2 ans ! Nous allons relancer des chantiers ferroviaires et routiers, rénover des campus, accélérer la construction de logements, renforcer la lutte contre l'habitat indigne, activer la modernisation de nos infrastructures partout où cela sera possible". Louable intention !
Ces projets sélectionnés parce que "prêts à démarrer tout de suite" et "produisant des effets rapides sur l'activité et l'emploi" doivent contribuer "de façon significative à l'aménagement et à la compétitivité des territoires". Rien à dire, donc, sur le contenu du plan qui devrait, au surplus, avoir un effet d'entraînement par rapport aux projets portés par les collectivités locales et territoriales.
D'où vient, alors, l'accueil réservé que ce plan a reçu ? Il semble que l'on doute de la rapidité de l'impact qu'il aura sur l'emploi et l'économie. Les marchés publics supposent des procédures qui induisent des délais, la mise en route de grands travaux ne se fera pas sur un claquement de doigts. Ils supposent que les territoires qui recevront la manne, s'organisent pour héberger les salariés qui travailleront sur ces chantiers, que les entreprises qui auront à les réaliser trouvent des salariés, qu'on favorise leur mobilité, etc.
Au mieux, les premiers effets réels se feront sentir vers la fin du 2ème semestre 2009. D'ici là les commandes vont continuer à se restreindre pour les TPE-PME, avec des pertes d'emplois dont on évalue mal l'importance et des pertes de savoir-faire pour les entreprises industrielles au niveau de leurs réseaux de sous-traitance.
Combien seront-elles à cesser leur activité avant les premières retombées du plan ? C'est tout l'enjeu de cette relance. La montée des commandes publiques sera-t-elle assez rapide pour compenser les pertes encaissées sur les marchés de consommation ? Rappelons que les dirigeants automobiles européens ont estimé leur surcapacité de production à prés de 30%. Il y a gros à parier que leurs réactions face à cette situation seront beaucoup plus rapide que celle des décideurs publics pour lancer les programmes de grands travaux.
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