La crise comme si vous y étiez !

Je viens de lire un billet intéressant sur le blog d'Etienne Gless, chargé de la rubrique Actualités au magazine « L'Entreprise ». Il y raconte l'histoire exemplaire de Jean-Claude qui dirige une affaire de plomberie tuyauterie et sanitaires en Seine-Saint-Denis.

C'est une belle entreprise : 4 millions d'euros de chiffre d'affaires, une progression de 30% depuis 3 ans, 30 personnes et rentable (40 à 50 000 euros de bénéfice par an).

La situation n'est pourtant pas rose ! La trésorerie se tend pour tout le monde, les délais de paiement s'allongent et les banques réduisent leurs concours. La banque de Jean-Claude lui demande de réduire son découvert de 40 000 € à 0 € en 2 mois alors que, dans le même temps son crédit client augmente. Jean-Claude est caution à hauteur de 250 000 € et il sent la tenaille se refermer sur lui car la gazelle, d'il y a quelques mois, se sent aujourd'hui les jambes lourdes. Elle a quitté la savane pour courir le long du marigot. Il ne faudra pas grand-chose, dans cette situation, pour que les prédateurs la rattrapent.

Des dirigeants comme Jean-Claude, il y en a, en ce moment, des milliers qui dorment mal et se battent avec l'énergie du désespoir. Les banques devraient redistribuer l'argent reçu de l'Etat mais tout va se jouer sur une question de rythme. Les fonds seront-ils disponibles assez rapidement pour redonner de l'énergie et de la vitesse aux gazelles.

Rien n'est moins sûr ! Il serait paradoxal que les banquiers soient sauvés alors que ceux qui créent les vraies richesses et les emplois se retrouveraient asphyxiés et leur créativité bridée. Mais les entreprises ne tournent pas sans argent et, dans les périodes de crise, ceux qui ont l'oreille des pouvoirs ont plus de chances de survivre que les obscurs et les sans grades, si talentueux soient-ils.

Publié le  12 nov. 2008 Dernière mise à jour le  12 nov. 2008 
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