Les raisons de la présence de Rhône-Alpes sur la 1ère marche du podium des régions les plus dynamiques

La nouvelle, il faut bien le reconnaître procure un certain plaisir aux Girondins que nous sommes tous un peu : Rhône-Alpes bat d'un cheveu l'Ile de France au palmarès des régions les plus dynamiques.
Notre confrère le Journal des Entreprises (une émanation du Télégramme de Brest), vient en effet se lancer pour la première fois dans un tel palmarès. Et, à regarder les résultats de cette étude très intéressante, la surprise ne provient pas du fait que Rhône-Alpes est bien placée, mais qu'elle est bien la première région de France par son dynamisme, devant la région capitale. A quelques centièmes de points.
Bien évidemment, le premier critère du dynamisme choisi pour ce palmarès n'est pas le Produit Intérieur Brut (PIB) régional, même si Rhône-Alpes représente 15 % de la richesse produite en France, mais la progression de ce PIB régional de 2004 à 2009. A cette aune, la région, en huitième position, affiche une croissance de 14,2 %, tandis que l'Ile de France n'est que seconde avec + 18,3 %, derrière Midi-Pyrénées (18,5 %).
S'il existe neuf autres paramètres qui ont été utilisés par concocter ce palmarès, pour aucun d'entre eux, la région n'est en tête, mais dans tous, elle est bien placée. C'est ce qui fonde, selon Bernard Gaud, le nouveau président du Medef Rhône-Alpes (lire le Carnet ci-contre) l'identité de Rhône-Alpes.
Pour lui « Contrairement à Midi-Pyrénées dont l'économie est d'abord et avant tout tirée par l'aéronautique, Rhône-Alpes a la chance d'avoir une industrie diversifiée. Elle a également la chance de s'appuyer sur trois grandes métropoles et non pas une seule. Ceci explique qu'en période de crise, la région ne s'effondre jamais, mais qu'en période de reprise, elle n'explose jamais, non plus. »
Parmi les critères les plus significatifs pour élaborer ce palmarès, figurent les investissements étrangers (nombre d'emplois créés pour 100 000 habitants). A cet égard, avec 72 emplois, la région se situe à la 5ème position, la Champagne Ardenne et la Lorraine se situant en tête.
On le sait, l'innovation est une des clés de l'avenir de notre économie. En la matière, Rhône-Alpes, avec 4,7 brevets déposés pour 10 000 actifs, se situe bien loin de l'Ile de France (première avec 12,4, mais elle bénéficie de la présence de nombreux sièges sociaux), juste après la Haute-Normandie (4,8).
Idem pour l'export. La part des entreprises exportatrices en Rhône-Alpes s'établit entre 3,2 % et 4,2 %, en cinquième position. A comparer avec la moyenne hexagonale (2,9 %).
L'innovation et l'export étant liés, on peut constater qu'à cet égard, la région peut regarder l'avenir avec un certain optimisme.
Enfin, c'est en matière de recrutement de cadres pour 1 000 actifs, que la région réalise son meilleur score en se hissant seconde région de France en la matière avec 6 %, juste derrière l'Ile de France avec 12,8 %.
Ce que corrobore d'ailleurs un sondage « sur les territoires les plus attractifs pour les cadres » (*) réalisé également en parallèle à cette enquête. Avec 34 %, Rhône-Alpes se situe là encore en tête, bien loin devant l'Ile de France, en queue de peloton (- 11 %) !
Ce palmarès permet de constater en revanche une évolution plutôt inquiétante pour notre pays : l'écart se creuse entre les régions. Et plus précisément entre les pôles économiques porteurs du Sud et de l'Ouest et les zones de reconversion industrielle du Nord et du Nord-Est. Bilan : la France du dynamisme se trouve au Sud d'une ligne Brest-Paris-Lyon. Rhône-Alpes se situe dans la bonne zone.
Il reste que ce palmarès ne doit pas inciter les acteurs politiques et économiques à croiser les bras. La Région recèle encore quelques lacunes sur lesquelles elle ferait bien de se pencher. Elle n'est pas encore très bonne dans le rapprochement entre l'entreprise et l'Université, une symbiose qui a fait le succès de Grenoble, mais qui demande à être élargie.
Autre point faible : la notoriété. Région administrative, contrairement aux anciennes provinces de Bretagne ou l'Alsace, Rhône-Alpes souffre d'une absence d'image forte. Mais heureusement ce critère ne figurait pas parmi les paramètres pris en compte dans ce palmarès !
(*) Sondage Journal des Entreprises/TMO réalisé auprès de 683 dirigeants et cadres d'entreprise du 23 mai au 3 juin 2011.
Friandart- Figure dans les rubriques
- L'édito de la semaine
- Economie Rhône Alpes
- Economie
- Conjoncture, études, prospectives, sondages
- Rhône Alpes


