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vidéo YouTube de Marc Touati

« Je ne pensais JAMAIS connaître cela de mon vivant. C’est historique. » Ces mots du citoyen Jean-Benoit Gambet dans son post linkedin, résonnent comme un électrochoc pour les Français et pour le reste du monde. En effet, la France est désormais le pays qui emprunte le plus cher de toute la zone euro. Pire encore, les investisseurs demandent un rendement supérieur pour prêter à la France que pour prêter à des pays comme la Grèce, la Slovaquie, le Portugal, l’Espagne ou l’Italie. C’est une situation que personne n’avait anticipée et qui soulève plusieurs interrogations : comment avons-nous pu en arriver là ?

L’histoire des dix dernières années : un endettement croissant et des politiques fluctuantes

Retour en arrière. Depuis la crise financière de 2008, la France a progressivement accumulé une dette colossale, exacerbée par les mesures d’austérité et les politiques économiques mises en place pour traverser plusieurs crises successives. La gestion des finances publiques, depuis lors, a été marquée par des choix politiques souvent contradictoires et parfois mal perçus.
Sous le mandat de Nicolas Sarkozy, l’endettement de l’État avait déjà pris une ampleur inédite, notamment après le plan de sauvetage des banques, à la suite de la crise des subprimes. Pourtant, c’est surtout sous François Hollande puis Emmanuel Macron que cette dynamique a pris une ampleur plus alarmante. Le premier quinquennat de Macron, avec des réformes ambitieuses comme la réduction des déficits publics, n’a pas empêché une accumulation de dettes liées à des dépenses publiques élevées et à des mesures pour soutenir l’économie, notamment après la crise du COVID-19.
Le « quoi qu’il en coûte » d’Emmanuel Macron, slogan de la pandémie, a été un facteur central de cette spirale d’endettement. Les aides massives aux entreprises et aux travailleurs, bien qu’indispensables face à la crise sanitaire, ont largement contribué à gonfler les finances publiques. Et malgré des promesses de réduction des déficits à moyen terme, la dette publique française a continué d’exploser, atteignant aujourd’hui plus de 120% du PIB.
L’échec de la réduction des déficits structurels et le recours constant à des emprunts pour financer la croissance économique ont laissé la France dans une situation où sa solvabilité n’est plus perçue avec la même confiance par les marchés internationaux. Le contraste est saisissant : les investisseurs préfèrent aujourd’hui prêter à des pays comme la Grèce ou le Portugal, qui ont pourtant traversé une crise de dette sévère, plutôt qu’à la France.

Les politiques économiques : des contradictions et une gestion de crise incohérente

Les politiques économiques de ces dix dernières années ont eu du mal à répondre de façon cohérente aux réalités du marché. D’un côté, l’État a cherché à alléger les charges fiscales et à encourager les investissements privés à travers des réformes structurelles, mais de l’autre, il n’a cessé d’augmenter les dépenses publiques, notamment pour financer la protection sociale et l’indemnisation des secteurs fragilisés. Ce manque d’équilibre entre les politiques de rigueur et de soutien économique a engendré une incohérence dans la gestion de l’économie.
Il ne faut pas non plus sous-estimer l’impact de l’inflation et de la hausse des taux d’intérêt décidée par la Banque centrale européenne (BCE), qui a rendu les emprunts plus coûteux pour tous les pays de la zone euro. Pourtant, la France se retrouve dans une situation particulièrement critique, car elle n’a pas su contenir une part importante de ses dépenses publiques dans des secteurs moins rentables et souvent inefficaces.

Une dette à la limite de l’acceptable, mais des rendements plus élevés pour la France

Le graphique que nous présentons dans cet article, provenant de la vidéo YouTube de Marc Touati « France, Monde et Marchés : Attachez vos ceintures », montre clairement que les investisseurs exigent aujourd’hui des rendements plus élevés pour prêter à la France que pour prêter à la Grèce, un comble pour un pays historiquement perçu comme stable.
Alors, que faut-il en retenir ? Le décrochage des rendements français par rapport aux autres pays de la zone euro n’est pas qu’une simple conséquence de la pandémie ou d’un marché financier volatile. Il traduit un manque de confiance généralisé vis-à-vis de la gestion économique du pays et des politiques publiques mises en place pour stabiliser la situation.

Des choix politiques qui pèsent lourdement sur l’avenir

Cette situation historique doit servir de signal d’alarme : si la France ne réagit pas rapidement pour maîtriser son endettement et rassurer les investisseurs, la pression financière continuera de croître, avec des conséquences sur le pouvoir d’achat des Français et sur la compétitivité de notre économie.
Une réforme structurelle en profondeur s’impose. Il est temps de revoir notre modèle économique, de repenser les dépenses publiques et de sortir du cycle des emprunts massifs pour éviter que la situation ne se dégrade encore davantage. Car à ce rythme, la France pourrait bientôt se retrouver dans une position où ses emprunts seront simplement inaccessibles.

Des répercussions directes sur la région lyonnaise

Cette flambée du coût de la dette française n’est pas qu’un enjeu national : elle a des effets concrets sur les territoires, et la région lyonnaise n’y échappe pas. Un État qui emprunte plus cher voit sa marge de manœuvre budgétaire se réduire. Cela signifie, à moyen terme, moins de financements disponibles pour soutenir les collectivités locales, les infrastructures ou encore les dispositifs d’aide aux entreprises. Pour Lyon et sa métropole, où de nombreux projets structurants dépendent encore du soutien public qu’il s’agisse de transports, de logement social ou de développement économique, cette contraction des ressources pourrait ralentir l’investissement, fragiliser certains secteurs et peser sur l’attractivité de la région. Les entrepreneurs lyonnais, déjà confrontés à une inflation élevée et à un climat d’incertitude, risquent de subir de plein fouet ce manque de visibilité financière.

En complément, je vous conseille de lire : La crise met à mal les finances de la Métropole lyonnaise : le recours annoncé à un endettement accru

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