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Baptisée « Cité de l’environnement », l’initiative pilotée par quatre chefs d’entreprise spécialisés dans l’éco-construction est entièrement privée. Le premier immeuble de bureaux qui produit plus d’électricité qu’il n’en consomme vient d’être inauguré sur le Parc technologique de Saint-Priest. Son surcoût par rapport à un bâtiment classique n’est que de 10 à 12 %. Cette construction permet de constater que dans ce type de bâtiment dit « à énergie positive », il ne suffit pas de bien construire, mais aussi de bien gérer la consommation. Les PC ont par exemple été bannis des bureaux au profit des ordinateurs portables qui consomment dix fois moins…

L’ancienne caserne de Bonne à Grenoble, ailleurs en France ou… ou Saint-Priest ? On ne va pas se lancer dans un concours pour savoir quel a été le premier bâtiment de bureaux en France dit « à énergie positive », même si la « Cité de l’environnement » revendique cette appellation. Elle est en tout cas, la première à voir le jour dans le Grand Lyon.

D’une superficie de 3 400 m2 + 600 m2 d’atrium+1 600 m2 de parkings il est né de la conviction de quatre chefs d’entreprises engagés déjà plusieurs années dans l’éco- construction : on peut édifier des bâtiments basse consommation, voire même à « énergie positive » sans grever l’investissement. En l’occurrence celui-ci a été de de 10 à 12 % supérieur à la construction d’un bâtiment traditionnel, soit 2 200 euros le m2.

Le projet a été lancé en 2006 par quatre hommes : l’architecte Thierry Roche (atelier Thierry Roche et associé), Didier Larue, un urbaniste paysagiste (Atelier LD), Jacques Bondoux, Pdg de la société Bastide Bondoux Etudes Thermiques et Gilbert Goutheraux (société MCP Ingénierie).

Ils ont créé à eux quatre le Pôle SOLERE (Solutions Energétiques Renouvelables et Environnementales) dans le but, non seulement d’installer leurs propres bureaux au sein du Parc technologique Porte des Alpes, mais aussi d’en faire une vitrine illustrant leur capacité à construire un bâtiment à énergie positive.

Pas de blabla, ici, mais une réalité attestée grâce à des capteurs indiquant la consommation en temps réel. La production de près de 1 400 m2 de panneaux photovoltaïques permet de compenser toutes les consommations, y compris bureautiques.

Toutes les solutions techniquement possibles ont été mises en œuvre : béton avec isolation par l’extérieur de 20 cm, brises soleils motorisés, pompes à chaleur réversibles, système de géothermie, ventilation naturelle, cuve de récupération des eaux pluviales, etc. Un investissement de 11 millions d’euros qui a bénéficié d’une subvention de la Région de 186 000 euros.

En fonction depuis plusieurs mois, le bâtiment produit 145 000 kwh/an d’électricité photovoltaïque et ne consomme que 144 360 kwh/an.

Pour Thierry Roche, l’architecte, « la démarche ne s’arrête pas à la seule construction, mais aussi à la gestion de son utilisation.  Il faut travailler sur des modes de gouvernance interne pour améliorer la performance du bâtiment, en intégrant la dimension sociale des usages.» Ainsi, par exemple, le bâtiment n’utilise que des toilettes sèches, tandis que les gros PC n’ont pas droit de cité. Ils sont remplacés au profit des portables, consommant près de dix fois moins.

Ce bâtiment-vitrine semble bien remplir sa fonction car il reçoit chaque semaine un grand nombre de visiteurs (déjà 8 000) qui sont accueillis par un grand panneau indiquant en temps réel d’un côté la consommation et bientôt de l’autre la production d’électricité.

Outre une douzaine d’entreprises locataires, le bâtiment accueillera aussi une pépinière d’entreprises spécialisées dans l’éco-construction : l’innovation et la formation figurent dans le cahier des charges de ce bâtiment qui n’est pas l’œuvre que de quatre hommes car il réunit autour de lui près de cinquante entreprises partenaires. Un vrai petit pôle de compétitivité à lui tout seul…