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Mardi 14 décembre a été présentée à Lyon la nouvelle Smart électrique. En 2011, les premières voitures électriques vont débouler chez les constructeurs. Reste à savoir si rouler vert est un vrai geste écologique ou une illusion. Encore faut-il savoir d’oû provient l’énergie : de centrales à gaz, au fioul, de centrales nucléaires ? Pour répondre à ce dilemme que vont rencontrer les futurs conducteurs de véhicules électriques, la Compagnie Nationale du Rhône basée à Lyon a développé le concept «Move Pure » qui grâce à la téléphonie mobile et à un boîtier spécifique installé dans la voiture permettra à l’automobiliste de ne consommer que de l’électricité renouvelable. A moindre coût. Explications.

« Avec nos centrales hydrauliques, l’éolien et le photovoltaïque, nous ne produisons que de l’énergie renouvelable zéro CO2. C’est la raison pour laquelle nous avons mis au point un concept de mobilité électrique avec les seules énergies totalement vertes », assure Frédéric Storck, responsable du département de gestion de l’énergie à la Compagnie Nationale du Rhône, filiale de GDF-Suez, basée à Lyon.

Le concept baptisé « Move Pure » affiche une triple particularité : il permet la gestion à distance de la recharge des véhicules électriques, il ne perturbe pas l’équilibre du réseau de transport électrique et assure enfin à l’automobiliste une énergie 100 % renouvelable.

Chaque jour, les techniciens (dont quatre météorologues à temps plein) définissent la production prévue le lendemain des 19 barrages, des 15 parcs éoliens et des deux centrales solaires de la CNR. Une prédiction qui est cependant aléatoire. La marge d’erreur, de l’ordre de 2,5 % de la production totale de la Compagnie qui est équivalente à deux tranches et demi de centrales nucléaires, est compliquée à gérer.

L’idée est donc de stocker cette partie aléatoire de la production dans les batteries des voitures électriques.

Par quel miracle ? Grâce à un boîtier installé dans la voiture et commandé par smartphone (i.phone, blackberry ou autres).

A l’aide de son téléphone mobile, le conducteur communique ses besoins de charge à la CNR qui peut déclencher la charge des véhicules branchés. La recharge de la voiture qui dure en moyenne six heures est modulée en fonction de la production. Ce système qui fait correspondre les moments de charge avec les surplus de production de la CNR, permet à la Compagnie d’optimiser la part aléatoire de sa production. Tout en faisant bénéficier le consommateur d’un tarif préférentiel puisqu’il s’agit d’une production à la marge.

Le concept pourrait aussi fonctionner en sens inverse : les batteries des véhicules branchées sur le réseau pourraient servir d’appoint en cas de pointe trop forte sur les lignes électriques nationales (comme c’est le cas actuellement certains jours) !

Bien compliqué, pensez-vous. Peut-être, il faudra voir à l’usage, mais d’abord, la CNR entend d’abord tester le concept avec les grandes (et futures) flottes électriques publiques ou d’entreprises ; avant de tenter de le développer chez les particuliers. D’ici 2020 existera-t-il sans doute un vrai marché, puisque l’on estime que rouleront alors en France près de deux millions de voitures électriques.

Photo (DR) : Une voiture électrique du parc automobile de la CNR teste actuellement le concept « Move Pure ». Le boîtier (noir) relié par téléphonie mobile à la Compagnie est situé en haut à gauche du moteur.