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La pression était trop forte. Malgré toutes ses tentatives ces derniers jours pour rester à la tête des Républicains, Laurent Wauquiez a dû céder.

Une semaine après la déroute historique de la droite aux Européennes et le score très maigre de 8,48 %, de nombreux élus avaient appelé à un changement de direction. Laurent Wauquiez n’a pu faire autrement que d’accéder la mort dans l’âme à leur demande dimanche soir en direct au 20 H de TF1.

 «Au fond, pour le dire assez simplement: les victoires sont collectives, et les échecs sont solitaires. C’est comme ça. Il faut que je prenne mes responsabilités», a-t-il expliqué avant d’officialiser une «décision mûrement réfléchie» et «indispensable» selon lui.

« J’ai décidé de prendre du recul »

«J’ai décidé de prendre du recul et je me retire de ma fonction de président des Républicains», a-t-il lancé à la présentatrice du journal.

Assurant qu’il ne ressentait pas «la moindre amertume», ni «la moindre aigreur», Laurent Wauquiez a précisé :  «Je ne veux pas être un obstacle, à aucun prix. Je veux que la droite se reconstruise», a-t-il poursuivi, avant de confier s’être «remis en question» et s’être interrogé sur «l’écart entre ce qu’il est et l’image qui est donnée» de sa personne.

Il y a jouté une pointe de contrition : «Sans doute, parfois, je suis trop dur. Au fond de moi, ça n’est pas de la dureté mais de la détermination», a-t-il néanmoins assuré.

Avant de glisser qu’il allait désormais se consacrer à son mandat de président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, ce qui allait «sans doute» lui faire «du bien», tant il a été «blessé» par l’«épreuve» qu’il vient de «traverser».

Sa traversée du désert ?

L’ambitieux Laurent Wauquiez qui à travers la présidence des Républicains visait la prochaine présidentielle a rencontré à 44 ans le premier véritable obstacle de sa vie politique.

Laurent Wauquiez n’aura tenu à la tête des Républicains qu’un an, cinq mois et vingt-trois jours.

L’homme était pourtant arrivé en politique comme un enfant prodige dans une famille politique avide de renouvellement. Un vrai boulevard, alors, puisqu’il avait été élu avec 75 % des voix.

Bardé des plus prestigieux diplômes (Ecole normale supérieure, reçu premier à l’agrégation d’histoire, diplômé de Sciences Po et de l’Ecole nationale d’administration, l’ENA, dont il sort major en 2001), il aura jusqu’à présent connu une carrière politique fulgurante, dont l’ascension est donc désormais stoppée.

Il dit vouloir désormais se consacrer à la région dont il est président depuis janvier 2016.

 Il affirme vouloir « prendre du recul » et se consacrer à ses mandats locaux, une formule consacrée chez les politiques qui n’ont en fait renoncé à aucune ambition.

Son dernier atout pour tenter un jour de reprendre son ascension est la région dont il est le président, où comme l’a montré un récent sondage, il est en revanche bien ancré désormais.

Une majorité des habitants d’Auvergne-Rhône-Alpes -52 %- estime en effet que l’action menée depuis 2016 par Laurent Wauquiez à la tête de la région va dans le bon sens, selon un sondage récent publié par La Tribune.

Parmi les personnes interrogées, 5 % estiment que l’action régionale du président du parti Les Républicains (LR) va « tout à fait » dans le bon sens et 47 % « plutôt » dans le bon sens.

Selon ce même sondage réalisé par OpinionWay, une liste de l’actuelle majorité (LR, centristes et DVD) conduite par Laurent Wauquiez arriverait en tête du premier tour des élections régionales avec 33 % des intentions de vote. Il devancerait une liste RN  (17 %) et une liste LREM/MoDem (16 %).

Laurent Wauquiez va désormais avoir le temps pour consolider encore son ancrage régional en préparant son éventuelle relance politique nationale. A condition que l’Histoire daigne lui repasser une nouvelle fois les plats, ce qui n’a rien d’assuré en cette période de grand chambardement politique.

En tout cas, le Gaulliste Wauquiez s’apprête dans une certaine mesure à effectuer sa traversée du Désert qui peut être longue, avec tout-de-même l’acquis de son bastion régional, l’un de ses plus solides atouts désormais.

Mais pas le seul, puisque l’autre est son âge : 44 ans. « En politique, on n’est jamais mort » a coutume de dire Alain Juppé qui a expérimenté cet adage avant lui…