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“Une année logiquement en repli”, JLL commente les chiffres 2020 de l’immobilier de bureaux en régions 
Avec 827 050 m² de bureaux commercialisés sur l’ensemble de l’année 2020, le marché se heurte à al crise sanitaire et accuse une baisse de 40 % en un an (contre 45 % sur le marché francilien). Avec l’arrêt généralisé de l’économie pendant deux mois et demi, beaucoup d’entreprises ont interrompu leurs réflexions immobilières ou leurs prises à bail, se concentrant sur leur organisation immédiate en période de confinement et organisant leur futur fonctionnement. Selon Laurent Vallas, Directeur JLL Régions : « Le 2nd semestre a cependant connu une amélioration avec 23 % d’activité de plus que sur la première moitié de l’année. » 

Des résultats contrastés selon les métropoles

Tous les marchés n’ont cependant pas réagi de la même façon, comme en témoigne la comparaison de l’activité enregistrée en 2020 avec les moyennes quinquennales.

Après deux bonnes années, le marché de Nice- Sophia Antipolis reste sur une bonne dynamique avec 61 000 m² de bureaux commercialisés en 2020. Ce résultat, bien qu’en léger recul d’une année sur l’autre, est supérieur de 12 % à la moyenne des performances observées au cours des 5 dernières années. A quelques encablures, le marché d’Aix-Marseille enregistre également une évolution positive de 3 % par rapport à la moyenne. Point commun en ces deux villes azuréennes : le marché des grandes transactions s’est bien maintenu pendant ces mois difficiles.

Les marchés de l’arc atlantique, Bordeaux et Nantes, accusent des baisses respectives de -16 % et -22 % par rapport à la moyenne.

-33% sur la place régionale de Lyon

Les deux principales places régionales, Lyon et Lille, enregistrent quant à elles des baisses de -33 % et -40 %. Le manque de grandes signatures, véritable variateur de performance sur ces grands marchés, a impacté les marchés de manière plus importante. Les volumes commercialisés sur ce segment de surfaces ont en effet enregistré un repli d’environ 60 %.

Toulouse a plus nettement marqué le pas avec une baisse de -58 % par rapport à la moyenne de ces dernières années. L’absence de clés-en-main conjuguée au manque de grandes transactions sur le secteur a clairement pesé sur le niveau de commercialisation. La métropole toulousaine souffre également de sa forte éco-dépendance au secteur aéronautique.

Les valeurs locatives prime sont stables sur la plupart des métropoles. Des ajustements à la baisse ont été actés sur Lyon et Marseille, avec respectivement 320 € et 300 €/m². Aucune autre variation importante n’est actuellement observée sur les loyers. Les livraisons attendues sur l’ensemble des métropoles vont permettre de maintenir les valeurs dans le neuf à leurs niveaux actuels.

La faute à l’absence grandes offres disponibles sur les principaux marchés

La baisse des marchés régionaux était déjà attendue avant la crise faute de grandes offres disponibles sur les principaux marchés comme Lyon ou Lille, et a donc été encore plus conséquente que prévue. Les métropoles du sud et de l’arc l’atlantique ont globalement mieux résisté, portées par une image positive de métropoles à vivre auprès des entreprises et des salariés. Nous verrons dans les prochains mois si cette résistance va perdurer et se renforcer. Laurent Vallas conclut : «La pandémie de COVID-19 a généralisé le télétravail et, par conséquent, modifié notre perception même du bureau. Les entreprises ont par ailleurs déjà repris sérieusement leurs réflexions immobilières. Nous envisageons 2021 comme une année de renouveau de l’usage des surfaces tertiaires, et ce sur l’ensemble du territoire. »

Le rythme de la reprise va dépendre de la situation sanitaire

En Europe, après l’espoir lié à l’arrivée des premiers vaccins, l’urgence sanitaire s’est intensifiée avec la crainte d’une perte de contrôle de l’épidémie, suite à la découverte d’un nouveau variant du virus jugé plus contagieux. Concernant la France, l’INSEE et la BANQUE DE FRANCE anticipent un recul du PIB de l’ordre de 9 % sur l’ensemble de l’année tandis qu’en 2021, le PIB français devrait progresser de 5 % selon la BANQUE DE FRANCE. Ces prévisions restent néanmoins soumises à une accélération de la campagne de vaccination et à une maîtrise de l’épidémie.

Début janvier, le nombre de cas de COVID-19 était en effet alarmant, et 2 clusters du virus variant avaient fait leur apparition. Par ailleurs, malgré la reprise de l’économie, la France devrait connaître une montée rapide du chômage, résultat des difficultés accumulées par les entreprises. Il atteindrait un pic proche de 11 % au 1er semestre 2021, avant une décrue à 9 % fin 2022.

 


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