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La cession d’entreprise : céder, c’est comme finir une aventure… terminer un livre

Il arrive parfois, en tant que chef d’entreprise, qu’on soit fatigué. Vraiment fatigué. En manque de « niaque ». Limite burn out. Ou même qu’on ait simplement envie de tourner une page, dans une histoire qui ne nous amuse plus.

Il arrive aussi que nous ayons envie de faire autre chose, de prendre ce que notre entreprise a de valeur financière pour démarrer une autre vie…

Selon que l’on vit l’une ou l’autre de ces situations… On n’a ni la même urgence, ni le même objectif. En avoir conscience nous permettra de mieux nous préparer à la suite, et de mieux gérer le calendrier.

C’est là que commence le travail le plus important : valoriser son entreprise. Et le choix de la valorisation de la société, lui, dépendra du futur acquéreur.

D’un Family office, à un fonds d’investissement, en passant par un concurrent, nos associés, ou nos collaborateurs… la démarche est complétement différente. Le plus facile, c’est les associés. Si les choses ont été faites correctement, un pacte d’associés a été mis en place et la cession est « presque » une formalité. C’est la solution rapide et efficace. On imagine souvent que le Fonds d’investissement sera la plus rentable. On comprend cependant assez vite qu’ils ne fonctionnent que sur des chiffres et des méthodes de calcul robotisées, qui n’apportent pas forcément la valeur là où on l’attend. Le Family Business, c’est l’émotionnel, c’est une histoire familiale que l’on transmet. Le ou les collaborateurs, je n’en parlerai pas ici, puisque je pense que c’est une mauvaise idée en général… Le concurrent, c’est passer de « l’ennemi » à « l’acquéreur »… Consciemment ou inconsciemment, on veut alors lui faire payer le prix fort nos années d’effort et de rivalité.

En fonction du « pourquoi je vends » et du « à qui je vends »… découle le « comment je vends ».

Si j’ai besoin de m’arrêter parce que je suis épuisé physiquement et psychologiquement, je n’ai pas la même urgence que si j’espère un « coup financier ». Qui peut, dans ce cas, m’accompagner pour déterminer quel sera le meilleur moment pour vendre ?

Même s’il y a le feu, même si on veut vendre vite… on doit vendre bien.

Et pour vendre bien, il faut vendre serein. Avoir préparé la suite, être déjà sur le « coup d’après ».

Prendre le temps de l’écrire pour un état des lieux de notre besoin : combien me faudra-t-il, ai-je besoin d’un temps de « rien », ai-je déjà une autre entreprise dans le viseur…

Un entrepreneur ne s’arrête jamais. On peut se bercer d’illusions et se dire qu’on mettra les doigts de pied en éventail… le démon de l’entrepreneuriat nous rattrape toujours. Et la dépression de l’inutilité nous guette.

Quand on pose sur le papier ce qui nous motive pour « après », quand notre vision est claire, cela permet également de répondre à une question fondamentale : « Est-ce que je suis sûr de moi ? »

Le ras-le-bol, la fatigue, le contexte économique… peuvent peser assez lourd sur la santé mentale d’un entrepreneur pour qu’il ait envie de « tout bazarder ». Ecrire le coup d’après, c’est s’assurer qu’il n’y aura pas de regret. C’est nous conforter dans notre envie de changement.

Le coup d’après… une création, un rachat, une retraite… Toujours une envie positive !

Une fois qu’on a déterminé le véritable pourquoi de la cession, que l’on a passé en revue les différents types d’acheteurs possibles, et que l’on a mis en mots notre besoin… on peut, dans un premier temps, faire fonctionner ce vieil ami qui ne nous lâche jamais… son réseau !

On se transforme alors en enquêteur chevronné… poser quelques questions, faire passer des messages… ouvrir des portes !

Le risque dans le cadre d’une transaction via son réseau… est celui de l’émotion. Connaître tous les interlocuteurs, c’est perdre son objectivité et sa vigilance. Même dans ce contexte, se faire accompagner d’un conseil (son expert-comptable par exemple, et son avocat) permettra d’affiner la valorisation, et de se sécuriser en tant que vendeur.

La seconde option qui s’offre à nous est celle de l’accompagnement par une société spécialisée en fusion-acquisition d’entreprises. Le travail fait en amont prend alors toute sa force : vous pouvez donner des conditions claires, et les professionnels qui vous conseilleront sauront chercher les bons profils d’acheteurs à mettre en place.

Quoi qu’il en soit, il faut se préparer à une réalité : à la fin… c’est une négo !

Et dans cette négociation, un point majeur va se jouer : comment vous allez accompagner cette cession. Ici c’est votre vision du « coup d’après » qui vous permettra de répondre sereinement.

Est-ce que vous resterez, et si oui combien de temps ? Selon quelles conditions ? Accompagnerez-vous, ou pas, cette reprise ?

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