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L’héritier : 70% environ des enfants d’entrepreneurs deviennent entrepreneurs
On choisit ses amis mais on ne choisit pas sa famille… Certains sont nés pour hériter, moi, ça a été le contraire. Quand on grandit dans un village, on nous enseigne que le fils du boulanger deviendra boulanger. Le fils de prof deviendra prof, le fils de syndicaliste, syndicaliste… 70% environ des enfants d’entrepreneurs deviennent entrepreneurs. 

Quand on est un « héritier » il existe trois options :

  1. Choisir de ne pas poursuivre l’héritage familial. Que ce soit ton choix ou celui de ta famille.
  2. Subir une reprise, contraint et forcé par les circonstances de la vie.
  3. Reprendre l’entreprise, que l’on ait entendu, ou pas, tes attentes à ce moment-là.

Dans le premier cas, en dehors d’un rendez-vous avec un psy, je n’ai pas grand-chose à vous conseiller.

Dans le second, la seule bonne pratique que je peux partager ici, c’est d’aller chercher le consensus de l’intégralité de la famille. En s’entourant de professionnels qui sauront être de bons conseils (notaires, avocats, experts-comptables…).

Dans les trois cas, il est vital d’aller regarder ce qui se passe ailleurs. D’échanger avec des pairs, de passer du temps dans d’autres entreprises pour observer. Voir-même, travailler dans d’autres structures, pour se forger une place et une carrière sans l’étiquette du « fils de » ou de la « fille de ».

Pour la troisième option, enfin,  il y a deux questions essentielles à se poser :

  • Est-ce que le cédant a vraiment, et j’insiste sur le vraiment, envie de s’arrêter ?
  • Est-ce que l’héritier a vraiment envie de travailler avec le cédant ?

Pour que la reprise fonctionne, il faut structurer le passage de témoin entre le cédant et l’héritier. L’écrire. La génération qui nous précède avait le culte du métier, du travail. Sans doute « un peu » d’ego… Il lui sera donc plus difficile de prendre conscience que la fin de cette aventure ne doit être ni une douleur ni une perte, encore moins un échec. Quand on a passé quarante ans de son existence dévoué à son entreprise, la quitter n’est pas si facile. C’est à l’héritier d’accompagner ce chemin.

Une phrase connue peut résumer les crispations : « La première génération crée, la deuxième consolide, la troisième souvent décline. »

Une bonne sortie conditionne une bonne reprise. Et je ne parle pas que d’argent. Je parle de place. De la place de chacun. Au sens propre, avec la symbolique forte de l’attribution du bureau. Comme au sens figuré, avec l’impact sur les équipes, les décisions, les relations clients.

Si l’héritier est en général dans une dynamique positive, qu’en est-il du cédant ? C’est la question fondamentale d’une reprise. Pour y répondre, il est indispensable d’être accompagné. Il faut écrire la transition, comme la passation.

Conscientiser, pour le cédant, que l’héritier ne sera pas un second lui, à son image. Admettre, pour l’héritier, qu’il existe la force du passé et de l’histoire de l’entreprise. On est toujours tenté de réinventer la roue… pourtant il y a de bonnes pratiques qui marchent encore, et qu’il faut savoir conserver.

Comme pour une reprise classique il est important de s’entourer de conseils, d’un côté comme de l’autre, et pas forcément des mêmes pour chacun : avocat, notaire, expert-comptable… Mais l’enjeu émotionnel est tellement important ici qu’il faut y adjoindre un accompagnement spécifique.

Dans le cadre d’un héritage familial, l’humain et l’affect sont au cœur du système. Indissociables.

Si vous tenez à vos déjeuners familiaux du dimanche, bien cloisonner, hermétiquement, est une nécessité. Pour cela un coach, un lieu dédié aux échanges formels autour de la passation, sont des outils indispensables. Libérer la parole de chacun, dans un cadre sécurisé et sécurisant, permettra d’éviter les aigreurs des non-dits.

La communication fait tout autant partie de la transmission que les chiffres, les plans, les calendriers. Les émotions et les ressentis de chacun doivent être pris en compte et respectés pour que les jalons se posent de manière apaisée.

 

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L’héritier : 70% environ des enfants d’entrepreneurs deviennent entrepreneurs.